Interpellation de la mairie sur la salle de prière du passage du génie (suite)

Le passage du génie et à droite le foyer en cause

Le passage du génie et à droite le foyer en cause

Le passage du génie, situé près de « Reuilly Diderot » comporte un foyer de travailleurs migrants où une salle de prière a été installée. Initialement créée pour les résidents, elle a été agrandie et ouverte à tous (via un référencement internet), au mépris des règles d’accueil du public, mettant clairement en danger la vie des participants et, dont la surfréquentation est source de nuisance.

J’ai déjà interpellé le conseil d’arrondissement le 30 novembre 2015 : lire mon intervention ici.

Entre temps, à part un peu de ménage dans la rue, rien n’a changé et les riverains sont toujours aussi gênés.

Voici l’échange que je reproduis dans son intégralité car il s’agit d’un sujet sensible dès lors que, à chaque fois qu’un problème a un lien, même minime avec l’Islam, la majorité de gauche va tenter de faire passer les personnes dénonçant non ouverte. Ici, comme je l’explique dans mon intervention, la gauche a essayer d’expliquer qu’il s’agissait d’une question interculturel alors qu’il s’agit d’un problème de voisinage. Dans ce blogue je vais plus loin. S’il s’agit d’un problème interculturel, ce que je réfute, mais comme il a été énoncé : quelle sont les cultures qui poseraient alors un problème d’incompatibilité ? Évidemment, jamais la gauche ne répondrait à cette question puisque le « vivreensemble » doit primer.

Avant de parler de vivreensemble, il est d’abord question de vivre sans trouble au voisinage. C’est le sujet des interventions qui suivent :

VŒU 122016-011 : Vœu relatif à la résidence sociale Claude Tillier présenté par les élu-e-s de l’ensemble des groupes de la majorité.
Mme Valérie MONTANDON, Conseillère de Paris :

Nous avions déjà abordé ce sujet en novembre 2015, avec une question orale cosignée par M. SEINGIER et Mme ROTA, relative aux nuisances touchant le Passage du Génie en raison d’une sur-fréquentation de la salle de prière. Les salles de la résidence sont utilisées comme salles de prière. Cette utilisation aurait dû se cantonner aux seuls résidents. Or, ces salles sont régulièrement visitées par des personnes extérieures.

Le référencement Internet de cette résidence sociale comme salle de prière engendre de nombreux visiteurs extérieurs dans cette résidence, venant assister aux prières et pouvant atteindre le nombre de 300 personnes. La sur-fréquentation d’un lieu non adapté à l’accueil du public engendre un risque pour les visiteurs.

J’insiste, il existe, pour nous, un risque pour les visiteurs et pour les locataires de cette résidence. Le flux de visiteurs, les attroupements à la sortie et la sur-fréquentation engendrent des nuisances sonores diurnes et nocturnes subies par les riverains. Le collectif de résidence du Passage du Génie a sollicité le bailleur, l’association Coallia et la Mairie du 12e arrondissement depuis avril 2015.

Les membres du collectif ont fait preuve d’ouverture, de patience et de tolérance, mais ils voient la situation se dégrader et les nuisances augmenter, surtout avec la venue de l’été. L’association Coallia a manifestement failli à ses responsabilités en matière de fréquentation des locaux dont elle a la charge, en ne prenant pas de mesures efficaces pour restreindre le flux des visiteurs extérieurs. Le sujet de référencement de ces salles comme des salles de prière officielles entretient le phénomène de fréquentation. Ce sujet avait déjà été abordé avec vous lors de différentes réunions avec ce collectif.

Ainsi, face au laxisme qui perdure sur ce dossier, il apparaît indispensable de s’en référer à l’autorité publique. C’est pourquoi nous souhaiterions que le Préfet de police prenne toutes les dispositions nécessaires afin de faire supprimer le référencement Internet de la résidence sociale comme lieu de prière ou mosquée ; que le Préfet de police prenne toutes les dispositions nécessaires pour veiller à la conformité de l’accueil du public au sein de la résidence pour assurer la sécurité des locataires de la résidence et des riverains ; que le Préfet de police prenne toutes les dispositions nécessaires pour mettre fin aux nuisances aux abords de la résidence sociale Claude Tillier. Merci.

Mme BARATTI-ELBAZ, Maire du 12e arrondissement, Conseillère de Paris :

Merci. M. MOULIN pour répondre à vos questions et pour présenter le vœu de l’exécutif suite à l’intervention des forces de police le 23 mai dans la résidence.

M. Fabrice MOULIN, Adjoint à la Maire du 12e arrondissement, Conseiller d’arrondissement, rapporteur :

Merci Mme la Maire. Je voudrais rappeler que le foyer de travailleurs migrants construit en 1970 a connu de très importants travaux de réhabilitation de 2008 à 2011, et qu’il est devenu une résidence sociale considérablement rénovée qui a rouvert ses portes en mars 2012 et offre un meilleur hébergement à des travailleurs qui vivent pour
certains depuis très longtemps dans le quartier. Après le tableau que vous venez de dépeindre, rappelons que ce site contribue positivement depuis des décennies à l’économie de notre pays et à la vie de notre arrondissement.

Concernant la réduction des nuisances autour de la résidence sociale Claude Tillier, j’ai déjà eu l’occasion de dire qu’elle fait l’objet d’un travail partenarial, et vous l’avez rappelé, je vous en remercie, depuis 2015, avec le  commissariat, l’association gestionnaire Coallia qui ne faillit pas à ses missions, les services de la Ville, les résidents et les riverains.

Des mesures concrètes ont déjà été collectivement mises en place. Des grilles ont été installées pour repousser les éventuels vendeurs à la sauvette de maïs sur la voie publique et permettre ainsi à la police d’intervenir. Un vigile a été recruté par le gestionnaire. Les services de la propreté ont renforcé leurs interventions.

Les résidents participent à la régulation des flux lors de moments de prière. La police a augmenté ses rondes et ses patrouilles. La gestion de la cuisine a été reprise par le gestionnaire, et des aménagements de voirie ont été  effectués. Tous ces efforts participent à l’apaisement du Passage du Génie, mais d’autres actions restent à mettre en place. C’est la raison pour laquelle la Mairie poursuit le travail engagé avec ses partenaires.

Comme je m’y étais engagé auprès d’eux et des élus de ce Conseil, j’ai réuni une nouvelle fois les riverains pour les informer des démarches entreprises, des progrès et des propositions pour avancer. Ma collègue, Mme PIERRE-MARIE, qui participe à chacune de nos réunions, avait proposé la médiation d’une association interculturelle afin de permettre aux riverains et aux résidents de mieux échanger sur leurs attentes respectives. Les résidents ayant accepté, nous avons réitéré ensemble cette proposition à l’association des riverains, qui l’ont accueillie, cette fois, favorablement. Un repas de quartier va aussi être organisé avec l’ensemble des habitants par le conseil de quartier.

A notre demande, les services juridiques de Coallia ont déjà entamé des procédures visant à supprimer le référencement sur Internet de la salle polyvalente comme lieu de prière. Nous avons également proposé à Coallia d’accueillir, en mairie, des réunions de renégociation de la charte d’usage des salles polyvalentes, passée entre le gestionnaire et les résidents, afin de les sensibiliser fortement à une régulation des salles pour un usage interne dans le respect des règles de sécurité et de tranquillité de tous. Le gestionnaire Coallia a sollicité le commissariat du 12e arrondissement pour un contrôle interne des parties communes en vue de lutter contre les ventes illégales et les
suspicions de trafic, ainsi que la Préfecture de police pour le passage d’une commission de sécurité incendie de l’établissement. Cela répondait au souhait de la police pour permettre de lutter contre ces ventes et les nuisances sonores en soirée.

Nous regrettons fortement que, dans le cadre d’une intervention réalisée lundi 23 mai, ce soient surtout des contrôles de la situation administrative des personnes qui aient été effectués à l’intérieur du foyer, conduisant à une trentaine d’obligations de quitter le territoire français.

Dans le vœu qu’elle présente, comme j’ai pu le faire tout à l’heure auprès du commissariat, notre majorité réaffirme son opposition à ce type de contrôle, dans ces conditions, comme Ian BROSSAT et Colombe BROSSEL l’ont déjà exprimé dans un courrier conjoint au Préfet de police le 24 décembre dernier. Notre vœu réaffirme également la nécessité de poursuivre le travail partenarial engagé afin d’assurer à la fois la sécurité des résidents et la tranquillité des habitants. J’émets donc un avis défavorable à votre vœu, ayant répondu à vos interrogations, et vous demande de voter favorablement pour le vœu présenté par la majorité. Merci.

Mme BARATTI-ELBAZ, Maire du 12e arrondissement, Conseillère de Paris :

Merci M. MOULIN pour ces explications qui montrent que nous ne pouvons pas vraiment parler de laxisme. M. SEINGIER pour une réponse à ce vœu de l’exécutif.

M. Matthieu SEINGIER, Conseiller d’arrondissement :

Tout à fait. Contrairement à ce que vous venez d’affirmer, je crains qu’il n’y ait une mauvaise compréhension de la situation. Cette incompréhension ressort des mesures que vous prétendez avoir effectuées.

Je reprends votre vœu :

  • vous expliquez avoir installé un digicode et des grilles, mais ce digicode ne fonctionne jamais. J’ai pu moi-même m’en apercevoir. Il n’est pas actif. On rentre dans ce lieu comme dans un moulin, Monsieur le conseiller.
  • Sur les interventions de la police contre les ventes sauvages, effectivement, la police intervient, mais c’est à chaque fois à la demande des riverains et pas à la demande de la Ville de Paris.
  • Sur le recrutement d’un vigile, il y a effectivement eu un vigile pendant quelques jours, âgé de 18 ans à peine, qui devait faire face tout seul à plus d’une centaine de personnes. Ce jeune vigile ne pouvait pas les contenir.
  • L’installation des potelets n’a aucune incidence sur la situation.
  • Quant à la propreté, il est vrai que c’est propre. Cela change d’autres quartiers. On pourrait appliquer cette méthode à l’ensemble du 12e, ce serait intéressant, mais ce n’est pas le sujet.
  • Sur la régulation des flux, je n’ai pas compris la phrase ; en tout cas, les flux ne sont pas du tout régulés puisqu’il y a toujours autant de personnes. L’explication principale de ce nombre important de personnes reste ce référencement Internet. Il suffirait déjà d’effectuer ces démarches juridiques. J’y suis allé encore récemment et on le voit toujours apparaître sur Internet, tandis que cela fait un an que nous contestons. Une procédure de CNIL pour supprimer un référencement ne prend pas un an. Les mesures n’ont pas réglé le problème principal.
  • Sur la question de la médiation, les riverains ont réellement essayé de régler le problème à l’amiable, mais c’est la notion d’interculturel qui est gênante.

Vous essayez de détourner le débat sur une question culturelle, mais ce n’est pas un problème culturel, c’est un problème de voisinage. Il n’a jamais été question de critiquer la présence de ce foyer. Personne n’a nié que ce foyer  participait à la vie économique du quartier, et il n’a jamais été question de revenir sur l’accord sur la mosquée. La  question porte sur les nuisances, et il y a des solutions pour y mettre fin. Dans la réunion que vous avez eue tout à l’heure, il n’en est rien ressorti d’après les échos, et c’est fort regrettable.

Nous maintenons ce vœu de faire appel à la Préfecture de police pour régler la situation.

Concernant le contrôle, nous n’avons rien à dire. Nous faisons confiance à la police de notre Etat. Personne n’est membre de la CGT, ici. [NDLR : cette référence conjoncturelle était lié à ce tract : voir ici]

Par ailleurs, la Préfecture de police intervient sur instruction du Ministre de l’Intérieur, donc il faudrait plutôt s’interroger sur la politique du Ministre.

Mme BARATTI-ELBAZ, Maire du 12e arrondissement, Conseillère de Paris :

D’accord. Merci. Je ne peux pas vous laisser dire tout cela sans reprendre. La police nationale intervient régulièrement dans la rue, depuis longtemps, à la demande des riverains, certes, mais aussi à la demande des élus du 12e arrondissement, puisque nous avons constaté un certain nombre d’infractions et de troubles à la tranquillité publique, si bien qu’à notre demande, y compris en appuyant la demande faite par certains riverains, la police nationale est intervenue. Il n’y a pas de laxisme ni de notre part ni de la part de la police du 12e arrondissement.

Par ailleurs, je me permets de vous rappeler qu’il ne s’agit plus d’un foyer, mais d’une résidence, que les locataires ont le droit de recevoir des invités. Il est normal qu’il y ait une régulation à l’entrée, mais qui permette aux locataires qui paient leurs loyers de recevoir des invités. Il y a désormais une régulation des flux, des engagements qui ont été pris depuis plus d’un an. Il y a eu des investissements, notamment de la part de Coallia, qui ont permis de faire disparaître les activités de vente de maïs sur l’espace public.

Les actions sur Internet ont été engagées, mais c’est long. J’espère que vous ne serez pas confronté à cela, mais faire disparaître des informations sur Internet est très compliqué. La démarche est engagée, simplement elle prend du temps, mais la volonté est partagée. Il n’y a pas d’incompréhension de notre part ni de laxisme par rapport aux actions qui doivent être engagées.

 

M. Nicolas BONNET-OULALDJ, Conseiller de Paris :

M. SEINGIER, la référence à la CGT est complètement déplacée. D’ailleurs, au sein de la police, la CGT est également représentée. Le droit syndical, c’est aussi la possibilité de dénoncer des actions policières qui parfois demandent la transparence. Et sur ce dossier, c’est le cas. Je me félicite du vœu de la majorité sur la volonté d’engager un travail partenarial de régulation pour limiter les nuisances. Vous avez raison. Nous sommes interpellés par le voisinage, par les habitants du 12e, et il est vraiment nécessaire de mettre fin à l’ensemble des nuisances.

Permettez-moi de vous dire que j’aurais souhaité que l’on condamne fermement la manière dont s’est déroulée l’action de la police au sein de ce foyer. Vous l’avez dit, Mme la Maire, ces résidents sont locataires, ce sont des personnes qui travaillent pour l’économie de notre pays, qui travaillent dans le nettoyage, dans les cuisines, et qui apportent énormément de choses. Comme tout travailleur, comme tout locataire, ils reçoivent leurs familles, leurs amis, ils reçoivent qui ils veulent, et c’est normal car ils paient un loyer, ils sont chez eux.

Cette opération policière était démesurée, en pleine journée, à la vue de tous, pour soi-disant une opération visant des stupéfiants. Je suis désolé, mais si c’est réellement une opération visant des stupéfiants, elle aurait pu viser spécifiquement les personnes qui devaient être interpellées. Or, il s’agit d’une intervention dans les locaux, dans les lieux d’habitation de ces résidents, à la vue de tous. Et elle a finalement mené à des obligations de quitter le territoire de plus d’une trentaine de résidents. J’ai vécu cela lorsque la droite était au pouvoir, lorsque c’était M. HORTEFEUX. Je trouve cela dommageable pour la gauche de vivre cela dans notre arrondissement. J’aurais souhaité, et je le fais fermement par mon intervention, que cette opération soit fermement condamnée. Nous voterons ce vœu, mais sachez que, comme Colombe BROSSEL et Ian BROSSAT, j’ai écrit au Préfet pour condamner cette opération et demander toute la transparence sur la manière dont elle s’est déroulée.

Mme BARATTI-ELBAZ, Maire du 12e arrondissement, Conseillère de Paris :

Merci M. BONNET-OULALDJ de rappeler ces principes.

(1 commentaire)

    • Antonia on 10 juillet 2017 at 8 h 03 min
    • Répondre

    Bonjour,

    je comprends la nécessité, pour les chefs d’entreprise du quartier, de disposer d’une main-d’œuvre bon marché et corvéable à merci (puisque bien souvent dans l’illégalité), et je comprends qu’en tant que responsables politiques de ce quartier vous favorisiez l’installation de cette main d’œuvre, mais pour revenir à des considérations plus basiques, je vous informe qu’habitant ce passage, il est tout simplement impossible de dormir la fenêtre ouverte, parce qu’à toute heure du jour ou de la nuit, des résidents passent en gueulant, oui, ils gueulent littéralement, il n’y a pas d’autres mots, au téléphone, entre eux… je n’ai rien contre leur présence tant qu’elle est légale, mais quelqu’un pourrait-il simplement les informer des usages qui prévalent en France, et notamment de celui qui veut qu’on ne crie pas au téléphone ?

    Merci d’avance,

    AC

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