Journées de matrimoine ou « Trouble du genre » ?

Lors du conseil d’arrondissement du 28 septembre 2022, Madame Alice Coffin a déposé un vœu fondamental dont l’objet d’ajouter à la dénomination « journées du patrimoine » celle de matrimoine.

Voici ma position, soutenue, lors de ce conseil, au nom du groupe Changer Paris, qui ne peut être plus longue en raison de la limitation du temps de parole des élus locaux par le règlement intérieur (que j’ai attaqué à nouveau devant le tribunal administratif – mais c’est un autre sujet).

« Mes chers collègues,

Votre vœu porte sur l’année 2022. Pour cette seule raison, nous pouvons justifier l’avis défavorable du groupe changer Paris. Mais cette méthode lâche, trop souvent utilisée dans cette enceinte pour fuir le débat, n’est pas digne du sujet de l’égalité femme-homme.

En effet, notre groupe s’est toujours engagé dans ce combat. Mais nos méthodes diffèrent des vôtres.

Comme nous l’avons déjà dit ici : changer les mots ne change le réel. Bien au contraire, la nov’langue est le choix de ceux qui veulent masquer leur inertie à agir sur les vraies causes du problème. 

Deuxième raison – j’ai moins d’une minute pour la présenter, elle va nécessairement être synthétisée : il s’agit de la base idéologique qui préside ce vœu sur le matrimoine. En un mot, pour suivre vos interventions, Madame Alice Cofin, votre vœu se veut l’application de concepts philosophiques assez récents, dont la forme la plus abouti ont été décrits par l’universitaire américaine Judith Butler.

Dans son « Trouble dans le genre » qui ne date que de 1990 (il faut 30 ans pour qu’une idée pénètre une société), elle est celle qui a conceptualisé de manière la plus structuré « la théorie du genre ».

Seulement, cette théorie est, selon nous, fausse des lors qu’elle s’appuie sur un concept de base qui n’est absolument pas scientifique : l’idée que le monde serait de tout temps dominé par une « hétéronormativité phallocentrique » qui aboutit à ce que les femmes seraient victimes d’une forme de violence structurelle à tous les niveaux, notamment dans les catégories du langage, qu’il faudrait donc modifier.

En s’intéressant un peu à la nature et à l’histoire, on ne peut que constater que la fondation même de cette théorie est fausse. Elle part d’un présupposé d’autorité : l’existence d’une espèce de grand complot mondialisé et éternel d’humain mâle hétérosexuels qui auraient organisés la domination de la femme… de nombreuses civilisations ont prouvé le contraire. 

Enfin, troisième raison, votre vœu est paradoxal avec l’autre idée butlérienne, celle de « défaire le genre ». 

Pourquoi s’enfermer dans patrimoine ou matrimoine et ne pas avoir soutenir l’idée d’un ielimoine ? C’est incohérent.

Nous allons donc voter contre ce vœux. »

PS : seul le prononcé fait fois - les propos ci-dessus peuvent varier à l'oral.

De la même manière, la définition du "Matrimoine" qui dans l'histoire a eu un sens différent : voir les définitions sur l'Altif (ou un célèbre roman d'Hervé de Bazin), n'a pas été abordée alors que ma collègue Corinne Atlan Tapiero me poussait à le faire. La majorité ne manquera pas de s'en prévaloir.

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