Veiller Paris

Le jeudi 14 septembre 2023 à 19 h 07, je sortais d’une heure de contemplation réalisée dans le cadre du Cycle des Veilleurs.

Il ne s’agit pas d’une secte (même si la photo de ma tête, en sortant de « la boite », pourrait le laisser penser). C’est le nom d’une performance artistique. Imaginée par la chorégraphe de renom Joanne Leighton, dans le cadre de l’Olympiade culturelle de Paris 2024, le concept est d’effectuer une veille silencieuse d’une heure, sans portable, totalement seul, dans une structure en bois, qui domine l’un des immeubles de l’ensemble Erard-Charenton. Elle est vitrée à deux endroits. Ouverte sur la ville.

Chaque jour, au lever et au coucher du soleil, jusqu’au 8 septembre 2024, deux participants se relaient ainsi afin de transformer ce rendez-vous en « une œuvre collective et vivante ».

L’objectif n’est pas si loufoque que cela. La contemplation a toujours existé. Elle se retrouve dans de très nombreuses religions. Elle invite à ralentir, à habiter pleinement le temps présent et à porter un autre regard sur Paris.

J’avoue que je n’y ai pas forcément perçu l’expérience chorégraphique recherchée. Le texte que j’ai été invité à écrire, à brûle-pourpoint comme chaque participant, montre que je ne suis pas resté indifférent à l’expérience.

Il est disponible sur le site officiel ici : https://www.lecycledesveilleurs.fr/?matthieu-809

Et je le reproduit aussi ci-dessous, après la photo de la vue prise à la sortie de la structure, le 14 septembre 2023 à 19 h 07.

Matthieu

jeudi 14 septembre 2023 à 19 h 07

Si l’idée que j’ai pu me faire d’un moine contem­plant la ville ou d’une sen­ti­nelle a pu passer, en entrant dans l’abri, elle dis­pa­raît très vite.
D’abord, les monu­ments de Paris, de la grande biblio­thè­que à Montmartre, sem­blent nous entou­rer. Ils m’ont ren­voyé à mes pre­miè­res émotions de la décou­verte de Paris, pro­vin­cial que je suis.
Puis, on dis­tin­gue les autres cons­truc­tions, moins fami­liè­res, et me voilà frappé par le gigan­tisme de Paris.
Enfin, c’est les mou­ve­ments plus pro­ches qui atti­rent le regard. Les nom­breux pas­sants et la mul­ti­tude de la rue de Charenton. Ou le va et vient des trains sur les voies de la gare de Lyon. Et on est saisi par l’énergie de cette ville. Énergie d’autant plus belle que le silence de l’abri donne l’impres­sion qu’elle est pro­duite comme sans effort, comme méca­ni­que, bien huilée. Les mou­ve­ments sem­blent flui­des vu d’en haut.
Alors, surgit le chan­ge­ment de cou­leur du ciel, vers l’orange qui annonce le cou­cher du soleil. La ville devient sou­dain petite et fra­gile.
La veille prend tout son sens.

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